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La consommation de l'artichaut en chute libre chez les jeunes, les producteurs s'inquiètent

Autrefois très consommé par les familles françaises, l'artichaut séduit de moins en moins les jeunes. Les producteurs craignent de voir leurs productions disparaître.

Est-ce bientôt la fin des artichauts? Légume incontournable du printemps, l’artichaut avec sa petite vinaigrette, était autrefois très apprécié par les familles françaises. Perçu comme difficile à cuire, trop cher au supermarché, sa consommation est en chute libre du côté des jeunes, fragilisant la production des maraîchers.

70% des consommateurs ont plus de 60 ans

Depuis plusieurs années, les producteurs d’artichaut voient s’étioler les statistiques. En France, 70% des consommateurs d'artichauts frais ont plus de 60 ans et seulement 7% des moins de 40 ans déclarent en manger, selon la coopérative Prince de Bretagne, la marque des maraîchers bretons.

Très riche en fibres, le légume est pourtant réputé excellent pour la santé, mais reste souvent trop cher.

En supermarché, sur l'étal, vous le trouvez assez cher. Le problème, c’est que nous en tant que producteurs, on n'arrive plus à dégager autant de marge qu'il le faudrait, parce que les marges ont évolué, tout a évolué, le gazole a évolué, la main-d’œuvre, c'est ainsi", explique à BFMTV Marc Rousseau, producteur à Carantec dans le Finistère.

Une culture difficile

Outre le fait que la consommation d’artichaut est en baisse, sa culture nécessite beaucoup de main-d'œuvre. Les producteurs utilisent peu de machines, travaillant majoritairement de leurs mains.

La culture de l’artichaut c’est 80% de manuel, 5% à 10% de mécanisable, mais c’est beaucoup de manœuvres", révèle Marc Rousseau.

Parfois pénible, la culture de l’artichaut demande "350 heures de travail par an et par hectare", explique Pierre Gélébart, chef de produit chez Prince de Bretagne.

Pour réconcilier les jeunes avec ce légume d’antan, des producteurs rennais ont décidé de se mobiliser. Le mois dernier, la coopérative Prince de Bretagne, premier producteur français, a offert 500 artichauts issus des champs finistériens, à l’épicerie gratuite de Rennes 2, sur le campus Villejean.

Près de 200 bénéficiaires se rendent sur ce campus trois fois par semaine, de quoi remettre l’artichaut au goût du jour.

Cédric Faiche avec Orlane Edouard